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09 Août 2007
CELEBRATION DU 47ème ANNIVERSAIRE DE LA FETE NATIONALE DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE
Le 47ème anniversaire de l'accession de la République de Côte d'Ivoire à la souveraineté nationale a été célébré à la nouvelle résidence de Côte d'Ivoire sise au quartier Bastos à Yaoundé.
Outre les membres du corps diplomatique accrédités à Yaoundé, les autorités administratives et universitaires camerounaises ainsi que les opérateurs économiques, plusieurs membres du gouvernement du Cameroun ont rehaussé de leur présence la célébration de la fête nationale de la République de Côte d'Ivoire. Ce sont :
- SEM Jean Marie ATANGANA MEBARA,
Ministre d'Etat, Ministre des Relations Extérieures ;
- Madame TCHUENTE Madeleine,
Ministre de la Recherche Scientifique et de l'innovation ;
- Madame BAKANG MBOCK Catherine,
Ministre des Affaires Sociales ;
- Monsieur DION NGUTE,
Ministre Délégué Chargé du Commonwealth ;
- Monsieur ADOUM GARGOUM,
Ministre Délégué Chargé du monde Islamique ;
- Monsieur Alain MEBE N'GO,
Délégué Général à la Sûreté Nationale ;
- Monsieur ETAME MASSOMA David Siegfried,
Inspecteur du Contrôle Supérieur de l'Etat.
Plusieurs séquences ont marqué la célébration de la fête ivoirienne dont :
• La prière d'action de grâce à Dieu ;
• L’exécution des hymnes nationaux camerounais et ivoirien ;
• Les spectacles culturels des artistes comédiens camerounais BLAKE ONDOUA, OUTTON Marcellin et FIGON TRALALA ;
• La projection de plusieurs films économiques, culturels et politiques sur écran géant pendant la cérémonie ;
• Et le discours de circonstance dans lequel Monsieur L’Ambassadeur a présenté la situation de sortie de crise progressive qui prévaut en Côte d'Ivoire, depuis la signature des accords de OUAGADOUGOU du 4 mars 2007.
Monsieur l’Ambassadeur, a également mis l'accent sur l'engagement du Président Laurent GBAGBO et du Premier Ministre Guillaume SORO à aller à la paix, en dépit des obstacles qui ne manqueront pas de se dresser contre eux, avant d'exalter l'excellence des relations ivoiro-camerounaises et d’exprimer la reconnaissance du gouvernement ivoirien aux autorités camerounaises pour leur soutien discret mais efficace dans la résolution de a crise qui a secoué la Côte d'Ivoire.
La coupure du gâteau d'anniversaire intitulé le gâteau de la paix a fait l'objet d'une attention particulière. En effet SEM Jean Marie ATTANGANA, Ministre d'Etat, Ministre des Relations Extérieures et son épouse ont accepté de se joindre à Monsieur l’Ambassadeur et Madame sur le podium pour couper le gâteau sous les ovations des nombreux invités (cinq cent personnes environ).
Enfin, un buffet composé en majeure partie de mets ivoiriens et camerounais a été ouvert et servi aux invités
Il convient de souligner que six organes de presse des plus significatifs au Cameroun ont couvert l’évènement. Il s’agit, pour la presse audio-visuelle de trois chaînes de Télévision dont « Cameroun Radio Télévision » (CRTV), une chaîne gouvernementale, et « Canal 2 International », et Spectrum Television (STV) deux chaînes privées les plus suivies ; et «RADIO SIANTOU » (RTS), une station de radio privée bien écoutée à Yaoundé. Pour la presse écrite, il s’agit des quotidiens « Cameroon Tribune », gouvernemental et « Mutations », privé.
Par ailleurs, la communauté Ivoirienne résidant au Cameroun est venue prendre part à cette célébration commémorative. Ainsi, on a noté la présence effective des Associations des Ivoiriens avec à leur tête leurs Présidents : Monsieur YAHAYA DIOMANDE pour l’Antenne des Ivoiriens Résident de Yaoundé et Madame BINGONO pour l’Association des Femmes Ivoiriennes du Cameroun (AFIC).
Lire ci-dessous le discours de SE. Monsieur Paul Ambohalé AYOMAN, Ambassadeur.
DISCOURS PRONONCE
PAR SON EXCELLENCE
PAUL AMBOHALE AYOMAN
A L’OCCASION DE LA
CELEBRATION
DU 47ème ANNIVERSAIRE
DE L’INDEPENDANCE
DE LA COTE D’IVOIRE
YAOUNDE,
LE 07 AOUT 2007
• Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Relations Extérieures,
• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
• Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,
• Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
• Mesdames et Messieurs les Journalistes,
• Chers amis de la Côte d’Ivoire,
• Mesdames, Messieurs.
Qu’il me soit permis de vous souhaiter la cordiale bienvenue à la Résidence de Côte d’Ivoire, à l’occasion de la cérémonie marquant le 47ème anniversaire de l’accession de mon pays, à la souveraineté nationale et internationale et vous dire combien votre présence, témoignage éloquent de votre amitié, de votre solidarité et de votre estime pour la Côte d’Ivoire, son peuple, ses institutions et pour moi-même, nous soulage et nous réconforte.
Au nom de Geneviève AYOMAN mon épouse, de toutes mes collaboratrices et tous mes collaborateurs, et au nom de tous les ivoiriens du Cameroun, nous vous disons merci pour tant d’amour.
Les ivoiriens du Cameroun, à travers la chorale de leur ambassade, viennent de rendre grâce au Dieu Tout Puissant, créateur de l’univers et des Etres, en chantant les deux premiers versets du psaume 121.
Certaines personnes pourraient s’interroger sur l’opportunité de chanter à Dieu lors d’une cérémonie solennelle comme celle qui nous rassemble aujourd’hui.
A ces personnes que nous respectons, à celles qui nous appuient dans notre démarche, ce dont nous leur savons gré, et à celles qui sont sans parti pris, il sied que nous donnions des explications.
Excellences,
Mesdames,
Messieurs.
Le vendredi 29 juin 2007, sur l’aéroport de Bouaké, au Centre de la Côte d’Ivoire, l’avion présidentiel FOKKER 100, transportant le Premier Ministre de la République de Côte d’Ivoire, M. GUILLAUME KIBAFORI SORO a été attaqué à la roquette par des individus non identifiés au moment de son atterrissage.
Les roquettes ont été tirées de 60 m, 80 m et 100 mètres. Elles ont touché respectivement la partie arrière de l’avion pour le premier coup et le fuselage central de l’avion pour le second coup. Quant au troisième coup qui avait pour cible la partie avant de l’avion, là où se trouvait le Premier Ministre, il s’est retrouvé dans le décor.
Le Premier Ministre venait d’être épargné d’un attentat aux conséquences incalculables sur l’avenir de la mise en œuvre de l’accord de OUAGADOUGOU du 4 mars, initié, négocié et signé par les ivoiriens eux-mêmes. N’est-ce pas que la main de Dieu a épargné la Côte d’Ivoire du syndrome rwandais ?
Nous pleurerons encore longtemps, les quatre ivoiriens morts en mission et pour lesquels l’Etat de Côte d’Ivoire a décrété un jour de deuil national (le vendredi 13 juillet 2007).
Je vous prie d’observer une minute de silence en leur mémoire. Merci.
L’attentat manqué du 29 juin a, non seulement fait apparaître un nuage de peur sur la Côte d’Ivoire mais surtout occasionné le report au 30 juillet 2007 de la cérémonie des « Flammes au Bûcher
de la Paix » initialement prévue le 5 juillet 2007. Par ailleurs c’est pendant la préparation de cette cérémonie, avec toutes les rumeurs fantaisistes qui l’accompagnaient, que des soldats de l’ONUCI basés à BOUAKE auraient violé des ivoiriennes. D’un autre côté, une certaine presse internationale, relayée par ses antennes à Abidjan, informait l’opinion nationale de ce que certains leaders de l’opposition ne participeraient pas, à la cérémonie de BOUAKE, cela pour décourager les ivoiriens d’y faire le déplacement.
Des mesures de sécurité exceptionnelles ont alors été prises par les FDS, FAFN et les Forces de l’ONUCI pour éviter tout dérapage. Tel était le climat qui prévalait en Côte d’Ivoire avant la cérémonie des « Flammes au Bûcher de la Paix ».
Mais, en dépit de l’atmosphère particulièrement lourde qui régnait, les ivoiriens se sont rendus par milliers au stade municipal BOUAKE qui était devenue trop petite pour les contenir.
Grâce au Seigneur, Dieu créateur de l’Univers et des Etres, aucun incident n’est venu perturber le déroulement harmonieux de cette si importante cérémonie.
Excellences,
Mesdames et
Messieurs.
Nous avons chanté au Seigneur pour lui manifester notre reconnaissance. Et les ivoiriens, dans leur grande majorité ne se lasseront jamais de dire chaque jour : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre parmi les hommes de bonne volonté ».
Excellences,
Mesdames et
Messieurs.
Nous adressant à vous lors de la réception que nous avons donnée à l’occasion du 46ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire nous disions : « nous sommes convaincus que Dieu qui est justice et vérité permettra très bientôt aux ivoiriennes et ivoiriens de se reposer dans de verts pâturages de paix et de prospérité ». Ce moment, pensons-nous, est arrivé.
Après s’être battus pendant quatre ans avec toutes les conséquences dramatiques en terme de morts, viols, exploitations, corruption etc, les ivoiriens, ayant réalisé que personne ne pouvait sauver leur pays en dehors d’eux-mêmes, sont parvenus à signer un accord historique de paix le 4 mars 2007 à OUGADOUGOU donnant du coup à leur pays l’opportunité de renouer avec le développement.
Dès lors, les ivoiriens sont en droit de raffermir leur foi en la résolution de tous les obstacles qui se dresseront devant eux, dans l’évolution de leurs pays vers un avenir des plus radieux.
Dans cette perspective, nous serons toujours prêts à recevoir l’aide des pays amis. « Aidez-nous mais ne cherchez pas à vous substituer à nous, parce que le temps des gouverneurs est révolu » disait son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire.
Ladies and Gentlemen,
Since the signature of the peace deal which originated from the direct talks initiated by President Laurent GBAGBO, on the 4th march two thousand and seven in OUAGADOUGOU, the peace process in Côte d’Ivoire seems to be irreversible. Such agreement, utterly worked out by ivoirians and supported by the whole nation, is what has been lacking so far in the peace process in my country.
An agreement that addresses key issues that have stood as stumbling block progressively addressing and solving issues such as identification of the population, disarmament reforms and restructuring of the armed forces, restoration of State authority throughout the country, reunification of the country and preparation of the voters list.
That is why the OUAGADOUGOU agreement within five months of application has pushed considerably advanced something that the international resolution and agreements for the past five years has not achieved.
Excellences,
Mesdames et
Messieurs.
L’attentat contre le Premier Ministre Guillaume KIBAFORI Soro survient au moment où le gouvernement s’étant approprié le programme de sortie de crise tel que stipulé par l’Accord politique de OUAGADOUGOU, l’a traduit en une matrice d’actions assortie d’un agenda d’exécution lors du Conseil des Ministres du 24 mai 2007. L’exécution des différentes diligences résultant de ladite matrice de mise en œuvre de l’Accord Politique de OUAGADOUGOU a débouché sur les acquis indéniables suivants :
• La création et la mise en place du Centre de Commandement Intégré ;
• La suppression de la zone de confiance et le déploiement d’unités mixtes ;
• La signature et la promulgation d’une nouvelle loi d’amnistie ;
• Le retour annoncé de la Banque Africaine de Développement ;
• La conclusion prochaine d’un programme post-conflit avec le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Union Européenne ;
• La nomination et l’affectation des Préfets et Secrétaires Généraux de préfecture sur l’ensemble du territoire national y compris dans les zones Centre, Nord et Ouest ;
• La nomination et l’affectation des magistrats dans 45 juridictions dans le cadre des audiences foraines ;
• La signature des arrêtés portant création du groupe de travail sur les audiences foraines et la reconstruction des registres d’Etat Civil d’une part, et sur l’identification générale des populations d’autre part et la tenue de la première réunion du cadre permanent de concertation à Yamoussoukro.
• Sur le plan économique, le budget 2007 a été préparé et adopté dans un esprit de prudence, tout en faisant l’hypothèse de la reprise de la coopération financière avec les Institutions de Financement tel que le Fonds Monétaire International, la Banque mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Union Européenne.
En effet, la concertation entamée a permis d’engager les négociations avec le FMI et de procéder aux arrangements avec la Banque Mondiale pour la mobilisation d’un don de 120 millions de dollars destinés au financement du programme post crise. Par ailleurs, les contributions des partenaires au développement devraient permettre de mobiliser environ 102 milliards de francs pour le financement du programme de sortie de crise. Pour accélérer ces différents processus, le gouvernement a, depuis le mois de juin, commencé à honorer ses engagements contractés dans le cadre de l’apurement des arriérés de paiement de la dette extérieure, pour lui permettre de renouer avec la communauté internationale. L’engagement de ces actions qui, par la même occasion, concrétisent la volonté des parties d’aller à la paix, a contribué à apaiser progressivement le climat politique et social et fait naître, chez nos compatriotes comme nos partenaires, l’espoir d’une nouvelle dynamique de dialogue et de paix.
C’est dans la poursuite de ces actions que s’inscrivait le programme de travail du Premier Ministre à Bouaké et à Yamoussoukro, notamment :
• L’installation officielle des magistrats de la Cour d’Appel de Bouaké ;
• La table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du programme de sortie de crise qui devait se tenir à Yamoussoukro le 2 juillet 2007 ;
• La reprise du processus des audiences foraines.
Ces résultats positifs enregistrés par la mise en œuvre cinq mois seulement après la formation du Gouvernement sont salués tant pour ce qui concerne les actions de sortie de crise que pour l’activité gouvernementale normale, par la communauté nationale et internationale. Aussi, l’accord politique de OUAGADOUGOU a-t-il eu le mérite de décrisper la vie socio-politique de la nation. En témoignent, entre autres, la liberté de circulation et d’exercice des activités de tous les partis politiques sur l’étendue du territoire et l’acceptation dudit accord par tous.
Excellences,
Mesdames et Messieurs.
La tentative d’assassinat manqué du 1er Ministre SORO a incontestablement donné un coup d’accélérateur à la dynamique de paix. Les « flammes au bûcher de la paix » du 30 juillet 2007 à BOUAKE en est un puissant témoignage.
En présence de plus d’une dizaine de chefs d’Etat et de Gouvernement, des représentants du Corps Diplomatique et de 30 000 personnes, le Président de la République, SEM Laurent GBAGBO et son Premier Ministre Guillaume KIBAFORI SORO ont déclaré la fin de la guerre et l’unification de la Côte d’Ivoire, faisant de BOUAKE, la capitale de la paix.
La Côte d’Ivoire va donc amorcer son programme de sortie de crise avec l’aide des pays amis et des partenaires économiques. C’est le lieu de remercier les bailleurs de fonds (Banque Mondiale, Union Européenne et l’ONU) qui, viennent de s’engager à verser à l’issue de leur réunion d’Abidjan le 18 juillet 2007, 180 milliards CFA à la Côte d’Ivoire.
Nos remerciements vont aussi aux bailleurs bilatéraux à savoir la France 10,9 milliards, le Japon, la Suisse et l’Allemagne. (19 milliards de F.CFA) à eux trois.
Nous adressons nos remerciements à toutes ces personnes physiques ou morales, connues ou anonymes qui ont cru au retour de la paix en Côte d’Ivoire et qui nous ont apporté leur constant appui à cet effet.
La cérémonie des « Flammes au Bûcher de la Paix » engage le pays sur la voie du développement durable qui passe par les élections. Elles seront organisées dans la transparence, dans la clarté et dans la liberté.
Les instructions données au 1er Ministre par le Président de la République autorisent son organisation dans le mois de décembre 2007, avec la de bonne volonté de tous les acteurs politiques.
Une Côte d’Ivoire nouvelle ouvrira alors ses bras au monde entier dans le respect de sa souveraineté et de ses intérêts.
C’est pourquoi la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire sera renforcée, le redéploiement de l’administration à travers l’installation des Préfets, Sous Préfets et Magistrats va bientôt prendre fin pour ouvrir la voie à un début rapide des audiences foraines.
Dans notre lutte, le peuple camerounais nous a toujours apporté un appui certes discret mais constant et efficace.
Aussi, voudrions nous humblement, saisir l’occasion pour exalter l’excellence de la coopération entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire et la parfaite convergence de vues entre les Présidents Paul BIYA et Laurent GBAGBO sur les grands problèmes africains et internationaux et sur les questions portant sur le renforcement de l’unité de nos nations et de l’Afrique dans la paix, la stabilité et la solidarité.
Ivoiriennes et Ivoiriens vivant au Cameroun,
Je vous exhorte à rester confiants en l’avenir glorieux de notre pays. Soyons unis dans nos différences politiques et religieuses. Approprions nous l’accord de OUAGADOUGOU en défendant notre pays aujourd’hui plus qu’hier et demain plus qu’aujourd’hui partout où l’ennemi essayera de freiner sa marche vers le Développement. La Côte d’Ivoire est le don précieux que la providence nous a donné. Protégeons la comme la prunelle de nos yeux et que ce nationalisme que la crise a consolidé en nous soit l’espoir de la nouvelle Côte d’Ivoire dont les bras seront toujours ouverts pour accueillir ses frères et sœurs de toute l’Afrique et du monde.
S’agissant de l’attentat manqué contre le Premier Ministre, je confirme que le Conseil des Ministres du mercredi 11 juillet ayant décidé de faire la lumière sur l’attentat de Bouaké, le Secrétaire Général de l’ONU est déjà saisi aux fins de la mise en place d’une commission internationale d’enquête. Au plan national, une information judiciaire a été déjà ouverte.
C’est sur ces notes d’espoir et d’apaisement que je vous souhaite au nom de mon épouse, de tout le personnel de la mission Diplomatique de Côte d’Ivoire au Cameroun et en mon nom propre, une très bonne fête de la paix.
Que Dieu bénisse le Cameroun.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Que Dieu bénisse l’Afrique et le Monde.
Thank you for your kind attention.

14 Mai 2007
SOUTIEN DE MONSIEUR L'AMBASSADEUR AUX FAMILLES DES VICTIMES IVOIRIENNES DU CRASH DU VOL KQ 507 DE LA COMPAGNIE AERIENNE KENYA AIRWAYS SURVENU DANS LA NUIT DU 04 AU 05 MAI 2007 A MBANGA PONGO A DOUALA AU CAMEROUN
Du vendredi 11 au samedi 12 mai 2007, Monsieur l’Ambassadeur s’est rendu à Douala pour y rencontrer les familles des victimes ivoiriennes venues d’Abidjan dans le cadre du crash, à Mbanga Pongo dans l’arrondissement de Douala 3ème , du Vol KQ 507 de la compagnie aérienne Kenya Airways.
Le séjour de Monsieur l’Ambassadeur à Douala en cette triste circonstance s’est déroulé comme il suit :
1. Rencontre avec les familles des victimes ;
2. Audience avec Monsieur le Gouverneur de la Province du Littoral ;
3. Déjeuner.
1. Rencontre avec les familles des victimes.
Cette rencontre a eu lieu le samedi 12 mai à la salle de Conférences de l’Hôtel Sawa de Douala où la plupart des familles des victimes a été logée par les soins de la compagnie aérienne Kenya Airways. Elle a réuni les familles des victimes du crash ainsi que la communauté ivoirienne résidant à Douala autour de Monsieur l’Ambassadeur.
Après avoir fait observer une minute de silence en la mémoire des disparus, Monsieur l’Ambassadeur a adressé à l’assistance et singulièrement aux familles des victimes, les sincères condoléances et la compassion de l’Ambassade, des Ivoiriens résidant au Cameroun et du peuple Ivoirien tout entier à l’occasion du tragique crash du vol KQ 507 de la compagnie Kenya Airways qui a endeuillé plusieurs familles.
Il a fait connaître aux différentes familles ainsi qu’à la communauté ivoirienne présente, les démarches déjà entreprises par l’Ambassade et a mis à leur disposition les informations officielles en sa possession.
Monsieur l’Ambassadeur a saisi cette occasion pour saluer le sens élevé de solidarité dont a spontanément fait preuve l’Association des Ivoiriens résidant à Douala depuis la survenue de cette tragédie. Il a clos ses propos en demandant à Monsieur Issiaka Coulibaly, Pasteur et parent d’une victime du crash, d’élever une prière à la gloire de Dieu afin que soient fortifiés tous les cœurs affligés.
Monsieur Siaka Diallo, Secrétaire de l’Association des Ivoiriens résidant à Douala a, au nom de ladite Association, tenu à remercier Monsieur l’Ambassadeur pour avoir effectué ce déplacement en vue de consoler les cœurs meurtris par cette tragique et douloureuse disparition des membres des familles présentes, toute chose qui ne surprend guère car connaissant sa sensibilité à tout ce qui touche ses compatriotes de près ou de loin.
Prenant la parole, Monsieur Akpangni N’GUESSAN, porte parole des familles des victimes, a témoigné à Monsieur l’Ambassadeur toute leur gratitude pour sa présence effective à leurs côtés et, pour le soutien et toute la compassion qu’il leur a apportés. Il a également remercié la communauté ivoirienne résidant à Douala pour son implication dans toutes leurs démarches depuis leur arrivée au Cameroun.
Après ces moments d’échanges pleins d’émotions, les familles des victimes ont souhaité que Monsieur l’Ambassadeur saisisse les autorités camerounaises compétentes afin que les informations crédibles relatives aux circonstances du crash et aux recherches en cours leur soient données à temps et que des dispositions utiles soient prises pour le rapatriement des corps identifiés. Elles ont également exprimé leur inquiétude et leur angoisse face au fait que, aucun corps d’ivoirien n’ait encore été identifié et que soixante dix pour cent (70 %) des corps retirés des débris ne soient physiquement pas identifiables; raison pour laquelle, il a été demandé des tests ADN sur les parents biologiques des victimes.
2- Audience avec Monsieur le Gouverneur de la Province du Littoral
Le Gouverneur de la Province du Littoral a reçu en audience la délégation ivoirienne conduite par Monsieur l’Ambassadeur et comprenant les familles des victimes du crash et la communauté ivoirienne résidant à Douala.
Au cours de cet entretien, Monsieur le Gouverneur de la Province du Littoral a rassuré ses hôtes que :
- La partie de l’appareil enfouie à une quinzaine de mètres dans la mangrove a été retirée ;
- Les parents pourront se rendre sur le site marécageux, équipés de matériel de protection contre la pollution, pour constater l’état d’avancement des recherches;
- Les corps ne pourront être remis aux familles pour leur rapatriement qu’après la deuxième phase d’identification prévue pour être effectuée par des équipes Britanniques et Sud Africaines venues pour la circonstance.
- Un service inter religieux en hommage aux victimes sera organisé sur le site du crash à Mbanga Pongo, le Vendredi 18 mai 2007 à la demande du Gouvernement camerounais.
3- Déjeuner.
Ce dernier acte du séjour de Monsieur l’Ambassadeur à Douala s’est déroulé au restaurant la Chaunière à Bonapriso où, il a convié tous ses compatriotes à un déjeuner.
Après ce partage fraternel emprunt de convivialité qui a permis de détendre l’ambiance, Monsieur l’Ambassadeur a pris congé de ses frères et sœurs en rassurant les uns et les autres de son implication effective à tous les niveaux pour que, chacune des familles venues d’Abidjan, en repartent ne serait-ce qu’avec le reste des leurs. Il a, à cette l’occasion, promis d’être parmi eux pour la célébration de la messe organisée par le Gouvernement camerounais.
Le Deuxième Secrétaire
Yves B. LOKPO

09 Mars 2007
Journée Internationale de la Femme: Les ivoiriennes residant au Cameroun prennent part aux manifestations du 08 mars 2007
A l’instar de la Communauté Internationale, le Cameroun a célébré le jeudi 08 mars 2007, la Journée Internationale de la Femme placée sous le thème : « Violence contre les femmes et les filles : briser le silence, agir ».
La cérémonie officielle qui a eu lieu au boulevard du 20 mai à Yaoundé, pris d’assaut dès 6h 30 par les femmes toutes nationalités et toutes classes confondues et vêtues du pagne confectionné pour la circonstance, s’est déroulée en présence de la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal BIYA.
Vêtue en uniforme du "08 mars", Madame Chantal BIYA, accompagnée des membres féminins du Gouvernement, des femmes Directeurs d’Administration centrale et des femmes parlementaires, a pris la tête du défilé à cette cérémonie qui marque la 22e édition de la Journée de la Femme au Cameroun, pour dire non aux violences commises à leur encontre.
Les femmes ivoiriennes résidant au Cameroun et regroupés au sein de l’AFIC (Association des Femmes Ivoiriennes au Cameroun) ne sont pas restées en marge de cette célébration. En effet, pour cette 30ème édition de la Journée Internationale de la Femme, Monsieur l’Ambassadeur a tout mis en œuvre pour une participation effective de l’AFIC aux différentes activités du 08 mars 2007.
Ainsi, outre l’exposition-vente à la place du 20 mai où elles ont exposé les tenues vestimentaires féminines ivoiriennes, elles ont pris part au défilé des femmes sous la conduite de Madame l’Ambassadrice, Mme Geneviève AYOMAN.
Après ce défilé haut en couleur, elles se sont rendues massivement à la chancellerie où elles ont, par la voix de leur porte-parole, Madame Massara KAMARA, Secrétaire dactylographe à l’Ambassade, adressé le message suivant à Monsieur l’Ambassadeur :
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Chers époux,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs
Nous voici réunis cet après-midi en territoire ivoirien pour célébrer en famille la 30ème édition de la Journée Internationale de la Femme, après avoir pris dans la matinée une part active à la cérémonie officielle sur la place publique. Nous n’en avions certainement pas l’habitude, mais sous votre instigation, Monsieur l’Ambassadeur, nous avons désormais décidé d’être partie prenante de cette fête. L’adage ne dit-il pas qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire ?
Aussi, est-il grand l’honneur qui m’échoit de prendre la parole au nom des Femmes Ivoiriennes résidant au Cameroun et également des sœurs camerounaises qui, par amour pour la Côte d’Ivoire, se sont jointes à nous depuis la réouverture de l’Ambassade pour servir ce pays dans le pays frère du Cameroun, pour vous exprimer, à vous Excellence Monsieur l’Ambassadeur et à tous nos chers époux ici présents, notre infinie gratitude pour le double honneur que vous nous faites ce jour.
En effet, vous avez pris la ferme résolution de nous accompagner à l’avenir dans cette fête pour nous soutenir dans le combat que nous menons pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’encontre des femmes tant au plan social, économique, politique que culturel. Cela, vous l’avez démontré à suffisance dans la matinée, en bravant la chaleur et la fatigue pour assister en personne à la grande cérémonie au Boulevard du 20 mai. Et comme si cela avait été peu de chose à vos yeux, vous nous recevez encore cet après-midi dans cette somptueuse Chancellerie qui en dit long sur la solennité de l’événement.
Pour nous, cette marque de solidarité que vous nous témoignez aujourd’hui est la preuve de votre parfaite compréhension de la précarité de la situation de la femme dans le monde et de la nécessité d’y apporter une thérapie appropriée.
La réalité que vivent les femmes au quotidien dans diverses régions du monde a été amplement évoquée et profondément examinée lors de la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes tenue en septembre 1995 à Beijing en Chine. A cette occasion, 189 Etats membres de l’ONU représentés à ce sommet ont adopté une Déclaration et une Plate-forme d’action qui font ressortir douze domaines critiques, c’est-à-dire douze torts récurrents faits aux femmes à travers le monde.
De puis cette date, chaque célébration de la Journée Internationale de la Femme a été une occasion d’évaluer les avancées enregistrées par rapport à ces douze domaines critiques, dans le sens du progrès faits par les femmes sur la voie de l’égalité des genres.
A ce jour l’on peut se féliciter du fait que la voix des femmes se fait de plus en plus entendre ainsi que l’atteste les résultats enregistrés dans le domaine de la gestion de l’Etat. Permettez-moi de vous révéler à cet égard qu’à l’heure où je vous parle, sur les 191pays membres de l’ONU, onze femmes sont aux affaires en qualité de Chefs d’Etat, dont cinq en Europe, deux en Afrique, deux en Asie, une en Océanie et une en Amérique latine.
De même dans le domaine parlementaire, les femmes ont de plus en plus tendance à s’affirmer. Quoi que la part des femmes parlementaires soit beaucoup moins importante que celle des hommes dans tous les pays du monde, la parité est quasiment acquise aux parlements rwandais avec 48,8% et suédois avec 45,3%. Ces pelotons de tête sont suivis de plus d’une dizaine de pays où le taux de représentation des femmes avoisine le tiers.
Au de-là de ces chiffres, il y’a lieu de se réjouir de la tendance générale à la croissance dans la grande majorité des pays.
Cependant, nonobstant les acquis somme toute nombreux et impressionnants enregistrés par les femmes dans le monde, l’égalité des genres, ou si vous le préférez, la reconnaissance des droits humains des femmes, demeure un défi encore loin d’être relevé. Des milliers et des milliers de femmes dans diverses régions du monde en sont encore à lutter pour l’acquisition de leur droit de vote, tandis que l’on refuse encore aux fillettes l’accès à l’éducation et à la formation au nom des normes ethnologiques et socioculturelles. Plusieurs coutumes à travers le monde réduisent le rôle de la femme à celui de procréation et de ménage. Autant d’obstacles qui font des succès inventoriés plus haut l’effet d’une goutte d’eau dans la mer.
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Chers époux,
Tout en étant conscientes de l’ampleur des défis à relever, nous ne demeurons pas moins sensibles aux efforts inlassables que nos Etats ne cessent de déployer pour améliorer les conditions des femmes en prenant des mesures visant à assurer leur promotion et à favoriser la reconnaissance de leurs droits, tant en Côte d’Ivoire qu’au Cameroun.
Dans le premier pays cité, nous notons avec beaucoup de satisfaction que depuis l’édition 2005 de la journée mondiale de la population qui a donné lieu à un véritable plaidoyer en faveur de la promotion de l’égalité entre les genres, d’importants progrès ont été faits en termes d’augmentation du taux de scolarisation et d’alphabétisation des filles, de réduction de la mortalité infantile et maternelle, de hausse de la proportion des femmes dans le secteur des emplois modernes, de même qu’au niveau des postes de décision. Aujourd’hui, les femmes ivoiriennes sont de plus en plus présentes au Gouvernement, dans le Corps diplomatique, dans le Corps préfectoral, au sein du Conseil Economique et Social et au Parlement.
Toutefois au-delà de ces réalités, nous voulons saluer l’objectif visé par le Gouvernement ivoirien, qui est de mettre en œuvre une politique de population qui assure une participation équilibrée des femmes et des hommes au processus de développement, ceci dans la perspective d’une lutte efficace contre la pauvreté.
Mais que vaudraient ces vœux du Gouvernement si la crise ivoirienne persiste ?
C’est à la lumière de cette question qu’il faut comprendre l’appel lancé par la Première Dame, Madame Simone Ehivet GBAGBO le 10 février dernier, lors du lancement de l’opération « Une Femme, un pagne » initié par le Ministère de la Famille et des Affaires Sociales et le Ministère d’Etat chargé du Programme de Reconstruction et de Réinsertion, et je cite : « Il faut que le 8 mars prochain, sur toute l’étendue du territoire ivoirien, … toutes les femmes manifestent leur désir profond de retrouver une Côte d’Ivoire unie, en s’habillant dans un pagne unique ». Fin de citation.
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi de dire juste quelques mots sur la situation des femmes au Cameroun.
Il convient de relever de prime abord que dans ce combat pour l’éradication de la discrimination à l’égard des femmes, les femmes camerounaises, qui constituent les 52% des 17 millions d’habitants, sont sur tous les fronts, notamment économique et politique.
Au plan économique, elles sont présentes dans tous les secteurs d’activités. Dans le secteur primaire, plus de 80% des femmes camerounaises interviennent essentiellement dans la culture vivrière de subsistance. Le secteur secondaire, lui, regroupe un très faible taux de femmes qui, grâce au dynamisme de leur organisation dénommée Groupement des Femmes d’Affaires du Cameroun (GFAC), se font de plus en plus une place au soleil ; et enfin le secteur tertiaire réserve généralement aux femmes les branches à faible valeur ajoutée.
Nous pouvons retenir, somme toute, qu’au Cameroun, la dynamique entrepreneuriale reste très remarquée et assez prometteuse. Je tiens à saluer cette dynamique qui demeure un exemple en Afrique.
Au plan politique, la prise de conscience de leur faible représentativité dans les sphères de prise de décision amène les femmes camerounaises à mieux s’organier pour pouvoir donner de la voix. Dans ce contexte, le Réseau des Femmes Parlementaires du Cameroun joue un rôle de premier plan en matière d’information, de sensibilisation et de conscientisation pour accroître la proportion des femmes à l’Assemblée Nationale qui est 11,4%.
La condition de la femme au Cameroun demeure donc plus que jamais au centre des débats. C’est pourquoi le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Madame Suzanne Bomback, a décidé de donner cette année, en prélude à la fête du 8 mars, l’occasion aux femmes camerounaises de participer aux vrais débats dont les plus saillants ont porté sur les pratiques traditionnelles qui empêchent le plein épanouissement de la femme, l’éducation de la petite fille, la santé de la femme, les rites de veuvage, les mariages précoces etc.
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames, Messieurs,
Le défi est énorme, et c’est ensemble que nous pourrons le relever. La grande question de la discrimination à l’égard de la femme que nous posons au plan international, régional et national commencent avant tout par le foyer conjugal qui est la société nucléaire par excellence. C’est pour quoi l’implication de nos époux que vous êtes nous rassure en même temps qu’elle nous galvanise. Il me plaît donc de saisir cette heureuse circonstance pour vous exhorter à faire de nous, vos épouses, plus que par le passé, de véritables partenaires, des confidentes, des complices même. Cela passera certainement par un tout petit changement dans les attitudes et l’introduction de petites pratiques dans vos rapports quotidiens avec nous.
Pouvez-vous vous imaginer combien de problèmes vous pouvez résoudre en étant souvent à l’écoute de votre épouse ; combien de fois vous pouvez stabiliser le foyer en poussant la barre de la confiance jusqu’à déclarer votre salaire à votre épouse, quel bonheur vous pouvez lui procurer si vous lui adressiez, de temps à autres, de petits mots gentils, des paroles d’affection, et si vous accordez beaucoup d’attention à ses goûts, ses passions et ses désirs ? Assurément vous résoudriez une multitude de problèmes en amont si vous associiez votre épouse à tous vos projets, si vous lui faisiez connaître toutes vos fréquentations et si vous vous absteniez de la trahir.
C’est à ce prix que l’histoire retiendra votre contribution au succès de notre combat pour l’égalité des genres et pour l’épanouissement social, économique et politique de la femme dans le processus de l’édification d’un monde nouveau épris de paix de justice et de liberté.
Je vous remercie
En retour, Monsieur l’Ambassadeur, prenant la parole, leur a répondu en ces termes :
Chers amis de la Côte d’Ivoire
Chers compatriotes résidant au Cameroun
Honorables invités
Mesdames, Messieurs
Comme tous les 08 mars de chaque année, la communauté Internationale célèbre aujourd’hui la Journée Internationale de la Femme dont le thème est : Violence contre les femmes et les filles, briser le silence, agir. En cette occasion particulière, c’est pour moi un immense privilège et une fierté légitime d’accueillir ce matin dans les locaux de l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Yaoundé, nos mères, nos épouses, nos sœurs, nos filles que vous êtes, pour partager avec vous dans la ferveur et la gaieté, cette mémorable journée dont l’importance croît d’année en année.
Mais comment sommes-nous arrivés à la célébration d’une Journée Internationale de la Femme ?
La journée de la femme trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du xxe siècle en Europe et aux Etats–Unis. Il s’agissait pour elles d’obtenir de meilleures conditions de travail et le droit de vote.
La création d’une « Journée Internationale des Femmes » a été proposée pour la première fois en 1910, par la journaliste allemande Clara ZETKIN membre du parti communiste d’Allemagne, lors de la conférence internationale des femmes socialistes qui s’inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire. Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche, en Hongrie, au Danemark, en Suisse, en Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays Bas, en Russie et en Suède. Mais c’est à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Petersbourg que la tradition du 8 mars va se mettre définitivement en place. Après 1945, la Journée Internationale de la Femme devient une tradition dans le monde entier. En 1977 la date du 8 mars a été officialisée par les Nations Unies. Une invitation de l’organisation universelle a été faite à chaque pays membre à célébrer cette journée pour la promotion des droits des femmes.
En effet, bien qu’elles jouent un rôle économique et social indéniable, les femmes sont marginalisées et font l’objet de toutes sortes de discriminations à travers le monde. Dans la plupart des pays du tiers-monde, elles vivent dans l’analphabétisme total, la précarité et la pauvreté absolues. Elles sont les premières victimes des fléaux comme le VIH/SIDA ou des maux de la société comme les mutilations génitales, les violences conjugales, la traite des femmes et j’en passe. Dans les conflits armés, bon nombre d’entre elles sont violées, ou vendues comme esclaves. Elles sont souvent prisonnières de réseaux mafieux qui les forcent à la prostitution et au tourisme sexuel. En un mot les femmes sont réduites à de simples objets et subissent toutes les formes d’exploitation de la part des hommes.
Même dans les pays développés, la situation des femmes n’est pas reluisante. Dans de nombreux domaines de la vie économique et sociale, à diplôme égal, elles gagnent moins que les hommes. L’actualité courante nous montre aussi qu’elles sont fréquemment l’objet de harcèlement sexuel dans leur lieu de travail.
Cependant, force est de constater que le combat des femmes depuis des décennies pour leur émancipation dans la société n’a pas été vain. Il y’a à tous les niveaux un éveil réel de la conscience mondiale sur leurs conditions sociales.
Les femmes sont certes confrontées encore à de nombreuses difficultés, mais beaucoup de progrès ont été accomplis pour la promotion de leurs droits.
Depuis la Conférence des Femmes à Beijing en 1995, où un document intitulé « Déclaration et Programme d’action de Beijing » a été adopté, les femmes ont fait un grand pas en avant au service de l’humanité. Le monde a, depuis lors, explicitement reconnu comme jamais auparavant, que l’égalité des sexes était essentielle pour le développement de la paix partout dans le monde.
En faisant de la promotion de l’égalité de genre et du renforcement du rôle de la femme un objectif à atteindre à l’horizon 2015, la déclaration du millénaire des Nations Unies a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le statut de la femme à tous les niveaux notamment local, national et international. L’élection à la Présidence de Madame Johnson SIRLEAF au Libéria et de Madame Michelle BACHELET au Chili donne une impulsion nouvelle a la représentation des femmes dans les organes décisionnaires. De tels évènements donnent de nouvelles raisons d’espérer que nous allons progresser vers l’égalité des genres.
Chères mères, chères épouses, chères sœurs, chères filles, l’année 2007 marque le 30e anniversaire de la Journée Internationale de la Femme (JIF). Célébrons les progrès accomplis dans la promotion de vos droits et évaluons les difficultés auxquelles vous êtes encore confrontées.
C’est l’occasion pour nous de nous pencher sur les mesures à prendre pour que les femmes et les filles dans toutes leur diversité atteignent l’égalité avec les hommes. C’est pourquoi nous disons haut et fort :
• Oui à l’émancipation complète de la femme ;
• Non à la violence contre les femmes.
La femme est l’être qui donne la vie. La femme est donc la vie. C’est la femme qui assure l’équilibre du foyer et partant de la société. Sans la femme, l’homme ne serait qu’un grand handicapé. Sachons donc respecter la femme.
S’agissant de la Côte d’Ivoire, frappée depuis plus de quatre ans par une guerre injuste, la participation desfemmes dans le retour de la paix est effective. Elles sont sur tous les fronts.
Le thème en Côte d’Ivoire de la Journée de la Femme, à savoir : « Réconciliation, réunification et reconstruction par les femmes », n’est –il pas révélateur de l’immense espoir que la nation entière place en elles ?
D’ailleurs cette année, c’est la ville de Korhogo un des fiefs de la rébellion au Nord du pays qui a été choisie pour célébrer la femme autour du thème sus- mentionné « Réconciliation, réunification et reconstruction par les femmes » en d’autres termes, 3R au féminin.
A cette occasion Madame Jeanne PEUHMOND, Ministre de la Famille et des Affaires Sociales a déclaré que ses sœurs et elle ont décidé de ramener définitivement la paix en Côte d’Ivoire. Le ton de cet engagement a été lancé le 09 février dernier à l’hôtel de ville au Plateau avec la présentation d’un pagne.
A cet effet, la Première Dame de Côte d’Ivoire, Madame Simone GBAGBO, qui a rehaussé de sa présence la cérémonie de présentation du pagne pour sceller la paix à Korhogo et qui avait à ses côtés les autres femmes de Côte d’Ivoire, particulièrement celles des partis politiques, a déclaré et je cite : « j’espère que le 08 mars prochain, nous aurons la joie au cœur, le bonheur dans le cœur pour proclamer la Côte d’Ivoire ressoudée, la Côte d’Ivoire réunifiée, la Côte d’Ivoire redémarrant sa construction, son développement, en nous vêtissant dans ce pagne pour la gloire de notre pays ».
Ce véritable cri du cœur de la Première Dame de Côte d’Ivoire est aussi le nôtre. Au-delà de sa valeur artistique, ce pagne doit jouer un rôle important et déterminant dans le processus de réunification, de réconciliation et de reconstruction de la Côte d’Ivoire.
Par les femmes, nous devrons parvenir à l’unité des cœurs, pour le sursaut national et la libération totale de notre patrie la Côte d’Ivoire.
Que les femmes qui donnent la vie donnent aussi la paix partout où elles se trouvent, afin qu’un jour nouveau porteur d’espoirs et d’un avenir radieux se lève sur notre pays, la belle terre d’Eburnie, et sur le Cameroun débarrassés à jamais de toute forme de violence contre les femmes.
Bonne fête à vous Mesdames,
Et vive l’amitié et la fraternité ivoiro-camerounaise.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire,
Que Dieu bénisse le Cameroun !
Je vous remercie.
Cette belle fête a pris fin par une photo de famille et un cocktail que Monsieur l’Ambassadeur a offert à ses hôtes.

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